Edito et nouvelles de Saint-Antoine de Padoue – 18 mars 2020

Chers paroissiens de Saint-Antoine,

Nous voici maintenant complètement plongés dans le Carême, et d’une certaine façon toute la société française avec nous. 

Temps de retrait (du monde, de nos habitudes…) et de retraite (avec Dieu), le Carême passe par des moments de relative solitude, que l’Eglise nous indique sous l’image biblique d’une « entrée au désert ».

Il faut dire que les circonstances malheureuses que nous vivons ne nous laissent guère le choix… 

Cependant, « tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu. » (Rm 8,28)

Notre appartement peut ainsi se transformer en petit « ermitage », lieu de présence secrète du Seigneur, selon la parole de Jésus que nous entendions le Mercredi des Cendres :

« Toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. » (Mt 6,6)

L’Évangile de la Samaritaine, dimanche dernier, nous invitait également à une plus grande intériorisation :

« L’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » (Jn 4,23)

Les moyens dont nous disposons aujourd’hui sont nombreux, par internet ou dans les média, pour nous soutenir intérieurement et nous « nourrir » quotidiennement ; vous en trouverez quelques-uns à la suite de ce texte (pièce jointe 2). Les initiatives connectées fleurissent comme nos arbres parisiens, chacun pourra en découvrir une qui l’intéresse… 

Sachez que, si les célébrations publiques ne sont plus autorisées, les trois prêtres de la paroisse continuent de célébrer la messe chaque jour en union avec toute la communauté de Saint-Antoine et aux intentions qui leur sont confiées.

L’église reste ouverte toute la journée aux horaires habituels pour la prière individuelle (éviter tout regroupement, par chance l’espace est vaste !).

N’oublions pas que l’adoration peut être pratiquée devant le tabernacle, à la manière du saint paroissien d’Ars : « je l’avise et il m’avise. »

Le jeûne eucharistique prolongé et contraint est une épreuve difficile pour beaucoup d’entre nous. Le manque fait ressentir plus fortement ce qui nous est essentiel. Ce sacrifice, offert collectivement au Seigneur, sera à n’en pas douter source de nouvelles grâces, car les dons de Dieu ne passent pas uniquement par les moyens sacramentels. Nous rejoignons en ces moments, dans notre communion spirituelle, tous les fidèles du monde qui sont dans l’impossibilité de communier pendant l’année (du fait de la maladie, l’âge, l’éloignement géographique d’une église, la situation matrimoniale, etc…)

Même si nous sommes obligés de nous tenir à l’écart les uns des autres, nous pouvons nous sentir proches différemment, en priant les uns pour les autres, en prenant des nouvelles, en gardant une attention renouvelée aux plus vulnérables. 
Depuis plusieurs années, il vous est proposé à Saint-Antoine de dire la prière de l’Angélus à l’heure de midi, en communion spéciale avec les malades que nous connaissons; nous pouvons y ajouter tous les personnels soignants. Je vous renouvelle cette proposition, plus que jamais d’actualité ! L’intercession est une dimension de notre vie chrétienne à développer ; elle porte des fruits très concrets, comme nous l’avons vu lors de notre grande soirée de prière du 11 mars.

Tournons-nous vers Marie, Mère de l’Eglise, chaque jour à midi, par l’Angélus qui nous remémore le bienheureux mystère de l’Annonciation (fêtée dans une semaine) !

Tournons-nous aussi vers Saint Joseph, Patron et protecteur de l’Eglise, fêté demain et dès ce soir à partir des 1ères Vêpres. A cette occasion, notre Archevêque nous propose de réciter la prière jointe (PJ1).

Avec Marie et Joseph, dont la vie a été tant bousculée par l’irruption de Dieu, apprenons l’abandon à Sa sainte volonté – qui peut être déroutante – et  revenons toujours vers Celui pour qui rien n’est impossible :  » Je lève les yeux vers les montagnes, d’où le secours me viendra-t-il ? Le secours me viendra du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre. » (ps 120)

Que ce Carême soit pour chacun un temps de ressourcement intérieur, ouvert à l’imprévu de Dieu et où grandit notre soif de Dieu !

Que du désert jaillisse l’eau vive !

Bien fidèlement à vous,

Père Benoît Gérardin, curé

Vous pouvez lire la prière à Saint Joseph et comment vivre le Carême à domicile.