Nouvelles de Saint-Antoine (4′) Edito – 28 mars 2020

5ème Dimanche de Carême

Par-delà le tombeau

« Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu… » La réponse de Jésus à Marthe et Marie, sur le moment, est particulièrement incompréhensible. Et même après avoir fait cette annonce d’espérance, Jésus sera lui-même saisi par l’émotion face à la mort de son ami, face au scandale du mal.

Où est la gloire de Dieu là où règne la mort ? Comment d’un mal peut-il sortir un bien ?

La suite de l’Evangile le montre.

Sur la parole de Jésus, Lazare se relève. Il devient le premier homme à connaître une authentique expérience de résurrection. Plus qu’une simple « réanimation », car on ne réanime pas quelqu’un qui est décédé depuis quatre jours.

Lazare, l’ami, est choisi pour nous montrer ce que Dieu prépare, le monde nouveau qui est en germe : passer du tombeau à la vie, le mouvement inverse de la nature.

« La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant. » (Saint Irénée)

« Vous saurez que je suis le Seigneur quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai remonter, ô mon peuple ! » 

La prophétie d’Ezékiel (1ère lecture) a une portée eschatologique nous invitant à ne pas douter de la bienfaisante puissance de Dieu et de la victoire finale de la vie sur la mort. Mais elle porte aussi un sens spirituel pour notre vie actuelle, comme pour les hébreux en exil loin de leur terre : ne pas se laisser abattre et se préparer à la suite… Car il y a une vie après le tombeau !

Comment pouvons-nous mettre à profit la période que nous subissons – passage au tombeau avec Lazare – pour qu’elle conduise à « la gloire de Dieu » ? Ou comment,  selon l’expression d’un médecin, sortir de la crise « par le haut » ? 

Des voix commencent à se faire entendre dans un sens que nous pouvons fortement appuyer : humilité et respect devant la création et ses lois fondamentales; fraternité renouvelée, notamment entre les générations; solidarité et compassion; remise en cause des mentalités individualistes et matérialistes; anticipation sur les questions de santé publique; primat des personnes dans les systèmes économiques; nécessaire coopération entre les nations, etc.

De l’épreuve collective sortira-t-il des fruits bienvenus ? Une humanité plus vivante ?

Nous voulons y réfléchir et y travailler, nous qui nous préparons à fêter la Résurrection. Car nous savons qu’il y a une vie après le tombeau.

Père Benoît Gérardin, curé

Photo : Vitrail de l’église, aux couleurs étonnantes : ce n’est pas la résurrection de Lazare, mais la parabole du pauvre Lazare « porté par les anges dans le sein d’Abraham » (Lc 16,19-30). Il s’agit de la seule parabole dans laquelle Jésus mentionne le nom d’un des protagonistes… un nom qui n’est probablement pas choisi au hasard. La parabole évoque l’entrée dans l’au-delà et la béatitude céleste : la suite de notre Evangile de ce dimanche ?