Nouvelles de Saint-Antoine (11) – dimanche 3 mai 2020

4ème dimanche de Pâques

« Entrer et sortir »

Jésus n’est pas avare en métaphores.

Se présentant comme le « bon berger », nous comprenons qu’il veut nous rassembler en une bergerie synonyme de paix et de sécurité, à moins qu’il ne nous propose de sortir vers de désirables pâturages.

Il se présente aussi comme la « porte » : « Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé. Il pourra entrer, il pourra sortir et trouver un pâturage. » (Jn 10,9)  

Trouver la porte du Christ nous introduit dans une liberté intérieure toute nouvelle, qui nous ouvre à des pâturages cachés.

Tandis que nous vivons ces jours dans une liberté de mouvement et une liberté de culte restreintes, quels pâturages avons-nous l’opportunité de découvrir ?

Car notre liberté spirituelle est bien intacte et il nous revient de nous aventurer – toujours sous la houlette du bon pasteur – vers des terroirs qui nous sont peut-être moins connus, vers des nourritures spirituelles dont nous ne soupçonnons pas encore la variété et la fraîcheur : tels ces prés d’herbe verte où le Seigneur peut nous faire reposer, où il veut nous communiquer une surabondance de vie (Jn 10,10).

« Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. » (ps 22)

Dans son ministère public, Jésus accomplit cette parole du psaume en répondant aux besoins divers de ceux qui l’approchent, et il le fait tout spécialement lors des deux multiplications des pains où il rassemble et rassasie les foules venues à sa suite : une préfiguration de ce que seront nos messes.

Nous pouvons être fiers du civisme et de l’ascèse collective que nos communautés chrétiennes ont montrés depuis de longues semaines, s’agissant des rassemblements publics et de la communion eucharistique : ceux qui ne partagent pas notre foi ne peuvent probablement pas comprendre le sacrifice consenti.

Alors que le déconfinement s’amorcera bientôt (certes de façon progressive), les chrétiens devront attendre encore un peu avant d’entendre les cloches les appeler à se rassembler dans les petites bergeries de leurs églises… 

Cependant, rien ne les empêche de prendre rendez-vous individuellement avec leur curé pour demander à recevoir le Corps du Christ, comme ils peuvent demander un prêtre pour se confesser…

Chers frères et soeurs, j’invite ceux d’entre vous qui le souhaitent à venir communier lors d’un prochain dimanche en prenant rendez-vous (benoit.gerardin@gmail.com). 

Nous veillerons bien sûr à respecter strictement la loi civile et les prescriptions sanitaires, sans provoquer un quelconque regroupement.

– Préparation matérielle : prévoir de porter un masque dans l’église et de garder bonne distance de son prochain (ce qui dans ce cas est un signe d’amour !)

– Préparation spirituelle : prévoir de méditer la liturgie de la Parole dans la messe du jour ; de dire le Notre Père avant la communion ; de prendre un temps d’action de grâce personnel après la communion.

Même si notre patience doit s’exercer pour quelque temps encore, le Seigneur ne laissera personne dans le dénuement.

Enfin, ce dimanche du « bon Pasteur » est traditionnellement la Journée mondiale de prière pour les vocations. 

Je ne peux que vous recommander de lire le message du pape François à cette occasion : inspiré de sa lettre aux prêtres du 4 août 2019 (fête du saint curé d’Ars), il s’adresse de façon élargie à l’ensemble du peuple chrétien et évoque aussi la vocation matrimoniale. Message pour la 57ème Journée mondiale de prière pour les vocations.

Que le Seigneur Jésus, doux berger de nos coeurs, nous conduise par le juste chemin pour l’honneur de son nom. (ps 22,3) 

Qu’il vous bénisse et vous garde dans sa paix.

Père Benoît Gérardin +